La banalité du bien
dans Le Monde
«Dans ce court roman publié en 1965, l’écrivain slovaque Ladislav Grosman (1921-1981) mise sur les ressources morales de l’individu. En opposant à la “banalité du mal” – expression forgée par Hannah Arendt en 1963, c’est-à-dire quasiment au moment ou l’auteur écrivait son texte – une véritable “banalité du bien”, il suggère qu’entre responsabilité et lâcheté un choix s’offre toujours. Le récit, en forme de parabole, est servi par une écriture minutieuse, quasi ethnographique. Le petit village slovaque se pare de couleurs et se remplit de sons. Un bruit de bottes, le clapotis de l’eau quand le menuisier prend un bain de pieds... Se dessine ainsi un tableau très vivant, qui nous plonge dans un passé obscur où s’entrechoquent et s’entremêlent faiblesse et force d’âme.» – Elena Balzamo
En 1942, l’histoire s’invite dans un village de Slovaquie, devenue satellite de l’Allemagne nazie. Cette dernière a décrété l’aryanisation des commerces tenus par des juifs. Tono Brtko, un modeste menuisier, se voit ainsi confier la gestion d’une mercerie appartenant à Rozalie, une vieille dame juive à moitié sourde. L’homme n'est pas peu fier. Participer à l’histoire: il s’y met avec zèle. Mais c’est compter sans ce qu’un être possède en propre: la compassion, la honte, la pitié. Un sens de la décence, aussi. Un conflit germe puis éclate – qui l'emportera?
Dans ce court roman publié en 1965, l’écrivain slovaque Ladislav Grosman (1921-1981) mise sur les ressources morales de l’individu. En opposant à la “banalité du mal” – expression forgée par Hannah Arendt en 1963, c’est-à-dire quasiment au moment ou l’auteur écrivait son texte – une véritable “banalité du bien”, il suggère qu’entre responsabilité et lâcheté un choix s’offre toujours.
Le récit, en forme de parabole, est servi par une écriture minutieuse, quasi ethnographique. Le petit village slovaque se pare de couleurs et se remplit de sons. Un bruit de bottes, le clapotis de l’eau quand le menuisier prend un bain de pieds... Se dessine ainsi un tableau très vivant, qui nous plonge dans un passé obscur où s’entrechoquent et s’entremêlent faiblesse et force d’âme.
29.10.2026
Ladislav Grosman, né 1921 en Slovaquie et mort en 1981 en Israël, est un romancier et scénariste juif slovaque.