Les yeux fermés

Federigo Tozzi

Traduit de l'italien par Philippe Di Meo

Roman d'inspiration biographique écrit en 1913, il raconte l'histoire de Pietro, jeune garçon introverti.


CHF 20.- (€18)

Sienne, 1919. Fils de Domenico Rosi, un restaurateur prospère au caractère violent et ombrageux, et d’Anna, une mère aimante mais maladroite, affligée de troubles nerveux, Pietro est un jeune garçon introverti. Il entretient des rapports difficiles avec sa mère, désastreux avec son père. Son quotidien alterne l’auberge paternelle de Sienne aux séjours dans un domaine agricole proche de la ville. Là, il rencontre Ghisola, une jeune et séduisante petite-fille d’ouvriers agricoles. Il est aussitôt sous le coup d’une attraction confuse et trouble. Il ne saura pourtant exprimer ses sentiments et, bientôt, l’agressera. Pietro ne cessera pas d’aimer la jeune fille après son renvoi. Il la retrouvera plus tard,  voudra l’épouser, l’imaginant toujours naïve et pure. De cette histoire d’amour naîtra une succession de désillusions nécessaires. Nous frayant un chemin introspectif à travers deux adolescences troublées, nous sommes immergés dans un univers où la vanité et la douleur le disputent à la bêtise et à la candeur.  Le tout est transfiguré dans une langue au rare pouvoir de suggestion dont la sensualité panique fascine durablement.

Le titre du roman fait allusion à la négativité radicale qui caractérise le rapport des personnages au monde. Le récit est empreint d’un pessimisme foncier. Un sentiment de méfiance quant à la possibilité d’instaurer une communication avec les autres traverse le récit de part en part. Les errements du protagoniste trahissent son incapacité à réaliser ses propres objectifs et à vivre de manière authentique, et consciemment, ses rapports amoureux. Régie par les lois de la violence et de la tromperie, une humanité humble et tourmentée occupe le centre du récit.

Federigo Tozzi est né à Sienne en 1883 dans une famille aisée. Il vit une adolescence torturée. La mort précoce de sa mère, des rapports anguleux avec un père autoritaire n’y sont pas pour rien. Passionné par la littérature même s’il est un étudiant médiocre, il écrira tout au long de sa courte existence. Collaborateur de diverses revues et journaux, ses écrits furent publiés chez Treves, un des éditeurs les plus prestigieux de l’entre-deux-guerres. La rencontre du romancier et critique Giuseppe Antonio Borgese, et l'aide désintéressée de Pirandello, lui permettent de trouver sa place dans le monde littéraire du temps. Il publie Les yeux fermés en 1919. Mais il meurt prématurément à l'âge de 37 ans de la grippe espagnole, comme Apollinaire. Longtemps méconnu du grand public, avec Italo Svevo, Luigi Pirandello et Gabriele D'Annunzio il est aujourd'hui tenu pour l'un des romanciers les plus orignaux et novateurs du xxe siècle.

Titre Les yeux fermés
Auteur Federigo Tozzi
Traducteur Philippe Di Meo
Date de parution 13/06/2016
Collection « Hors collection »
Format 14 x 21 cm
Nombre de pages 208
ISBN 978-2-94043156-4