Les choses, Les gens

Federigo Tozzi

Traduction de l'italien et postface de Philippe Di Meo

« Lorsque la paysanne lave les seaux du lait, elle ôte sa bague et la laisse sur la margelle du puits. Lorsqu'elle la reprend, je vois qu'il reste un petit cercle d'eau sur la pierre.

Et je me demande pourquoi la paysanne ne le reprend pas lui aussi. »

 


CHF 23.- (€19)

Peu avant de disparaître, Federigo Tozzi avait conçu une trilogie dont seul le premier volet, intitulé Les Bêtes, fut publié de son vivant. Les choses et Les gens suivaient. Mal connus, ces deux derniers pans ont été publiés à titre posthume en 1981. Récits, raccourcis ou fines décalcomanies, ces courts fragments d’une fraîcheur de style et de langue inégalée se nouent subtilement autour d’un thème annoncé dès le titre, d’apposition en apposition.

Inspirée par la lecture des prosateurs et nouvellistes médiévaux, dont Boccace et Sacchetti, la forme brève et précise est gage d’authenticité car elle interdit toute généralisation. Elle se borne à attester un fait, un événement ou un trait de caractère. Tozzi entendait inventer un nouveau genre littéraire. Sa trilogie témoigne à cet égard de son éclatante réussite.

«L'œuvre de Federigo Tozzi se situe à mi-chemin de la ville de Sienne et de la névrose.» – Giorgio Manganelli

Federigo Tozzi est né à Sienne en 1883 dans une famille de la petite bourgeoisie. Il vit une adolescence torturée. La mort précoce de sa mère, des rapports anguleux avec un père autoritaire n’y sont pas pour rien. Collaborateur de diverses revues et journaux, ses écrits furent publiés chez Treves, un des éditeurs les plus prestigieux de l’entre-deux-guerres. La rencontre du romancier et critique Giuseppe Antonio Borgese et l’aide désintéressée de Pirandello lui permettent de trouver sa place. Il publie son œuvre maîtresse, Les yeux fermés en 1919. Il meurt prématurément à l’âge de 37 ans de la grippe espagnole. Longtemps méconnu du grand public, il est aujourd’hui tenu, avec Italo Svevo et Luigi Pirandello, pour l’un des écrivains les plus orignaux et novateurs du XXe siècle italien.

Un article sublime de Marc Blanchet sur Poezibao, 22 novembre 2019:
«Tozzi crée un registre d’écriture non pas hors du temps, mais dans les boucles du temps: si tout événement possède sa poésie en soi, il ne s’agit pas d’un éveil; prédominent en lui des puissances d’enfermement, de renoncement, égarant les sens vers des rives sans clarté. Tout confort est éconduit; les conditions d’existence de l’auteur poussent la langue poétique dans ses retranchements, la dévient du poème en prose sans l’abstraire pour autant, malmènent la notion de forme puisque tous ces fragments s’avèrent dissemblables, enjoints dans des propos contraires, des perspectives multiples, quitte à devenir impasses ou chutes. »

Titre Les choses, Les gens
Auteur Federigo Tozzi
Traducteur Philippe Di Meo
Date de parution 08/11/2019
Collection Nouveautés
Nombre de pages 208
ISBN 978-2-889600-15-1